Amateurs d’Outils Anciens à Flamme (lamptérophilie)

La devanture du magasin Guilbert, fabricant de lampe à souder
Le club des Amateurs d’Outils Anciens à Flamme a été fondé par Alain Saunier, Jean Pisapia et Jean Guilbert en septembre 1992, à Auxonne (21). Cette association succède au Cercle des Lamptérophiles d’outils-flamme anciens de Sainte-Pélagie créé par Robert Langlois en 1987, à Paris.

Guy Gérard, l’actuel président, précise que cette association culturelle et scientifique, dont le siège est à Lalinde (Dordogne), est la seule en France et l’une des trois, avec celle de Grande-Bretagne et des USA, existantes dans le monde. « L’association a pour objectif de mettre en valeur l’historique du patrimoine de l’outil ancien à flamme. Ses actions sont orientées vers la recherche, la sauvegarde, la restauration, la valorisation, la mise en œuvre et la connaissance de ces outils à l’échelon mondial », avec la volonté de rassembler les amateurs de tous les pays.

Dans les années 1980, R. Langlois (membre fondateur du club) inventa les termes Lamptérophile et Lamptérophilie, ces mots sont issus du radical grec lampter qui était une sorte de vase à feu pour l’assemblage des métaux dans l’antiquité. Lamptérophile-club-France.

Une première sélection d'outils anciens à flamme (lamptérophilie)

Le premier éolipyle

L’histoire de la lampe à souder est longue et passionnante. Il faut remonter au 1er siècle après J.-C. pour qu’un mathématicien grec, Héron d’Alexandrie, construise le premier « éolipyle » (Eole, dieu des vents et des tempêtes chez les Grecs, Aeolus chez les Romains). Ce n’était alors qu’une sphère remplie d’eau portée à ébullition et dont la vapeur qui s’en échappait par deux petits tubes coudés et opposés faisait tourner la sphère sur elle-même. C’est sur les propriétés de l’éolipyle que vers 1798, le Français Théodore-Pierre Bertin inventa la « lampe docimastique » ou Fontaine de feu. Il déposa le brevet le 6 Vendémiaire de l’An Huit, (28 septembre 1799). Cet appareil fonctionnant à l’esprit de vin (alcool) était le premier outil portatif à produire de la chaleur pour le soudage des métaux. Cette ingénieuse découverte fit considérablement évoluer les techniques industrielles et de nombreux métiers. Plombiers et couvreurs pouvaient désormais se déplacer et souder sur le chantier et non plus à la forge. Par la suite, son évolution et son perfectionnement aboutira à la création de très nombreuses marques et modèles. Certaines de ces lampes prendront même le nom d’éolipyles.

Éolipyle : c’est une chaudière hermétique remplie en partie d’eau, placée sur le feu. De cette chaudière sortent deux tubes reliés à une sphère pouvant tourner autour d’un axe horizontal. De cette sphère, deux autres tubes perpendiculaires à l’axe laissent sortir la vapeur qui, par propulsion, fait tourner la sphère. L’éolipyle n’était à l’origine utilisé que comme attraction de divertissement et trouvait sa place dans les salons, son potentiel de source d’énergie étant négligé. Le mathématicien autrichien Segner étudia au milieu du xviiie siècle un tourniquet hydraulique reposant sur le même principe de la réaction. Il fut reconstitué en 1978, pour étude, par John Landels, chercheur anglais. La vapeur qui s’échappe par les tubes crée un couple de forces qui fait tourner la sphère à une vitesse d’environ 1 500 tours par minute. Néanmoins, la perte de chaleur est importante : pour fonctionner de manière continuelle, la machine devrait consommer plusieurs centaines de kilogrammes de bois par heure. Ainsi, à défaut de charbon, fonte, joints et soupapes, l’éolipyle ne pouvait déclencher de révolution industrielle.Wikipedia, Éolipyle.

Une deuxième sélection d'outils anciens à flamme (lamptérophilie)

Les outils à flamme

Il existerait entre 800 et 1 000 marques de lampes et autres outils à flamme réalisés par différents constructeurs sur une période qui dépasse les 150 ans. On peut estimer à environ 10 à 15 modèles par marque, ce qui porterait le nombre de modèles différents, de 8 000 (au minimum) à 15 000 (au maximum). De quoi, selon Guy Gérard, remplir les étagères des collectionneurs « lamptérophiles ». De toutes formes et de toutes tailles, réalisés en différents métaux, ces ustensiles ont été utilisés, outre en plomberie, par les militaires et les agriculteurs pour leurs engins, par les dentistes, les joailliers, les artistes… Ils ont aussi prouvé leur utilité pour dégripper des aiguillages, dégeler des tuyauteries et même caraméliser les crèmes brûlées des pâtissiers ! En France, des maisons telles F.J. Vesta, M.L. Canon 75, Rippes ou Guilbert Express se spécialisèrent dans la fabrication d’outils à flamme. Actuellement, seule cette dernière entreprise familiale à su évoluer et se moderniser durant trois générations. Son siège est à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne).

L’Association Française des Amateurs d’Outils Anciens à Flamme(Cercle des Lamptérophiles) compte aujourd’hui une soixantaine de membres, dont plus de la moitié sont, ou ont été, des plombiers. Deux à trois fois par an, ils organisent un rassemblement de collectionneurs et exposent leurs plus belles pièces pour l’occasion. Pluriactive, l’association publie aussi “La Gazette”, un bulletin de liaison quadrimestriel, édite un calendrier illustré comme il se doit de beaux outils à flamme, exploite ses ressources documentaires et prodigue ses conseils sur un site Internet : www.lampeasouder.fr.

Texte et photos, Guy Gérard

Une troisième sélection d'outils anciens à flamme (lamptérophilie)

Cet article a été publié dans le numéro 8 du magazine « Secrets de Pays ».

Vous pouvez vous le procurer en consultant la boutique du site…

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