La Dordogne, descriptions de A. Joanne et A. Vuillemin

« Esprit de Pays, Dordogne-Périgord » vous propose deux descriptions du département de la Dordogne, datant respectivement de 1877 et 1879. La première a été réalisée par Adolphe-Laurent Joanne(1), un géographe, journaliste et homme de lettres français devenu célèbre pour avoir réalisé une collection d’ouvrages destinées aux voyageurs et, la seconde, par Alexandre Vuillemin(2), géographe français à qui l’on doit une œuvre cartographique prolifique.

Géographie du département de la Dordogne par Adolphe Joanne, 1877

« Le département de la Dordogne doit son nom à la rivière de la Dordogne qui le traverse de l’est à l’ouest dans sa partie méridionale. »

« II a été formé, en 1790, de la presque totalité du Périgord (786,048 hectares) et d’une portion de l’Agenais (99,250 hectares), pays appartenant tous les deux à l’ancienne Guyenne, et enfin d’une partie du Limousin (25,858 hectares) et de l’Angoumois (30,250 hectares). »

« Il est situé dans la région sud-ouest de la France ; (…) Son chef-lieu, Périgueux, est à 499 kilomètres sud-sud-ouest de Paris, par le chemin de fer, et à 368 kilomètres seulement en ligne directe. Il est situé dans la région sud-ouest de la France, entre 44° 35′ 11" et le 45" 42′ de latitude et entre le 0" 53′ 20" et le 2° 22′ de longitude ouest. »

« Le département de la Dordogne est borné au nord : par celui de la Haute-Vienne à l’est, par la Corrèze ; au sud, par le Lot et le Lot-et-Garonne au sud-ouest, par la Gironde ; à l’ouest, par la Charente-Inférieure et la Charente. Ses limites sont tout à fait conventionnelles, c’est-à-dire tracées à travers champs et non formées par des obstacles naturels, tels que mer, montagne ou rivière toutefois, sur plusieurs points de peu d’étendue, il y a des frontières naturelles, notamment le lit de la Dronne (31 kilomètres) et celui de la Nizonne (26 kilomètres), son affluent, qui le séparent, à l’ouest, de la Charente-Inférieure et de la Charente. La Dordogne le limite vers Sainte-Foy sur un parcours de 25 kilomètres, et la Vézère, du côté de Larche, pendant 10 kilomètres. »

« Sa superficie est de 918,256 hectares : sous ce rapport, c’est le troisième département de la France. Sa plus grande longueur — du nord au sud-est, du point où se rencontrent la Charente et la Haute-Vienne, canton de Bussières-Badil, jusqu’à Loubéjac commune du canton de Villefranche-de-Belvès — est, en ligne droite, d’environ 130 kilomètres ; dans le sens opposé, de l’ouest, commune de la Roche-Chalais (canton de Sainte-Aulaye), à l’est, commune de Larche (canton de Brives), la distance est de 110 kilomètres en ligne directe directe ; son pourtour est de près de 500 kilomètres, si l’on néglige une foule de sinuosités de peu d’importance. »

« La Dordogne est un département heureusement accidenté, bien que les nombreuses chaînes de collines qui le traversent du nord-ouest au sud-ouest atteignent, en général, une faible hauteur (…) »

« Les points culminants de la région la plus élevée du département, celle du nord, sont la forêt de Vieillecour au nord-ouest Saint-Pierre-de-Frugie (478 mètres), colline entre Plagne et Monségou (459 mètres) ; Puisse-Chien, au sud de Firbeix (454 mètres) le signal de Meyniaud (452 mètres), etc. »

« L’inclinaison générale du sol est de l’est à l’ouest, — c’est là l’inclinaison du cours de la Dordogne — ou, plus exactement, du nord-est au sud-ouest, ce qui est la direction des quatre rivières importantes du département, la Vézère, l’Isle, la Dronne et l’Auvézère. »

Notes :

  • (1) Voyageur, géographe et écrivain, Adolphe-Laurent Joanne est né à Dijon le 15 septembre 1813 et mort à Paris le 1er mars 1881. — Voir l’article de Wikipedia consacré à Adolphe Joanne.

La Dordogne : description de l’Atlas Migeon (1879)

« Géographiquement, la Dordogne est bornée par la Haute-Vienne, la Corrèze, le Lot, le Lot-et-Garonne, la Charente et la Charente-Inférieure. Les derniers contreforts des monts d’Auvergne y forment des plateaux sillonnés de nombreux vallons étroits dont les points culminants ne dépassent pas 200 m. »

« Les principales rivières sont : la Dordogne, l’Isle, la Vézère et le Dropt, navigables contrairement aux Couze, Vergt, Manoire, Auvézère, Céou, Dronne, Bandiat et Cole, qui ne le sont pas ou à peine. Les nombreux étangs permettent un climat tempéré, un peu plus froid dans les régions de montagne. »

« La Dordogne, fortement agricole, donne de belles récoltes de maïs, de pommes de terre, de chanvre, de châtaignes et de noix. Ses truffes estimées sont considérées comme les meilleurs de France, alors que les vins (800.000 hectolitres) sont la richesse du pays. C’est sur les rives de la Dordogne et surtout aux environs de Bergerac qu’on récolte d’excellents vins rouges et blancs. Les autres arrondissements donnent du vin commun et du vin à brûler. Les vignes couvrent 89.894 hectares des 918.256 du département, les bois en prenant pour leur part 167.641. »

« L’élevage, important, a trait au gros bétail, aux moutons et aux porcs. »

« Les exploitations minérales concernent le fer principalement, cependant que les pierres meulières, la houille, le manganèse, la tourbe, les pierres lithographiques, les marbres, les albâtres, moellons, pierres à chaux, ardoises, gypses, marne, argiles à poterie, granit et sable sont assez conséquents ».

« L’industrie fabrique des fers pour une valeur annuelle de quatre millions de francs, des papiers estimés, de la coutellerie commune, des lainages, des cuirs, des gants, de l’huile de noix en grande quantité, des eaux-de-vie et de bonnes liqueurs. »

« Le commerce exporte des vins, des eaux-de-vie, fers, bois, bestiaux et porcs gras, jambons, truffes, noix et volailles. »

Notes :

  • (2) Malgré une œuvre cartographique prolifique, on sait très peu de choses sur Alexandre Vuillemin. Né à Paris en 1812 et mort 1880, ce géographe français fut l’élève de Auguste Henri Dufour. À propos de LA FRANCE ET SES COLONIES – ATLAS ILLUSTRÉ MIGEON, Édition 1879 : c’est un atlas illustré de 105 cartes dressées d’après les cartes du Dépôt de la Guerre, des Ponts et Chaussées et de la Marine. Les textes ont été rédigés d’après les documents officiels et sur un plan entièrement nouveau, réunissant sous forme de tableaux une somme d’informations assez incroyable. — Voir l’article de Wikipedia consacré à Alexandre Vuillemin.

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