Évolution démographique en Dordogne
des origines à nos jours

En 1801, la Dordogne comptaient près de 410 000 habitants. Au milieu du XIXe siècle, elle atteint son maximum historique avec 506 000 habitants en 1851. En 2015, on dénombre près de 430 000 habitants, un chiffre de loin inférieur à celui de 1851. Entre 1801 et 2015, la démographie du département en Dordogne a donc connue bien des fluctuations. Voici lesquelles…

Le recencement en France…

En France, le premier recensement national eut lieu en 1328. Il fut réalisé pour des raisons essentiellement fiscales. Il est connu sous le nom de « L’état des paroisses et des feux des bailliages et sénéchaussées de France ». Ce document est de toute première importance puisqu’il est le premier texte permettant une estimation chiffrée globale de la population française à la fin de la période d’expansion démographique du Moyen Âge, avant donc l’épidémie de peste noire qui ravagea l’Europe (1348-1349). La population française est d’environ 16 à 17 millions d’habitants. À titre de comparaison, la population italienne est estimée à 8 à 10 millions et la population anglaise oscille entre 3 à 3,5 millions.

En 1667, Louis XIV recommande d’établir un double registre d’état civil. Cette disposition permet le dénombrement de la population française. C’est l’Ordonnance de Saint-Germain-en-Laye.

Avant la Révolution française, très peu de recensements sont organisés sur l’ensemble du territoire. Les choses changent après la création des départements français. Le décret du 7 juillet 1790 organisa un dénombrement de la population française, qui fut effectué sur tout le territoire. Il semble avoir été terminé en mai 1791.

Un deuxième recensement de tous les habitants et les électeurs fut réalisé sur l’ensemble du territoire français sur la période 17931794, c’est-à-dire l’an II. Les résultats complets et par commune de ce recensement, dit de l’an II, sont conservés aux Archives nationales.

Le troisième recensement, dit de l’an VIII, fut prescrit par une circulaire du 16 floréal (16 mai 1800), et eut lieu en 1801. Les maires devaient fournir un état précis de la population de leur commune, répartie entre hommes mariés, veufs, femmes mariées, veuves, garçons, filles et défenseurs de la patrie vivants (1).

Depuis, un recensement général de la population fut organisé, tous les cinq ans, jusqu’en 1946, avec plus ou moins de précisions.

L’évolution démographique en Dordogne

En 1806, la population du département est évaluée grosso modo à 400 000 habitants. Bergerac est alors la première ville de Dordogne avec 8 600 habitants, tandis que Périgueux compte 6 306 habitants et Sarlat 5 263. L’installation de la préfecture, en 1801, et l’arrivée du chemin de fer, en 1857, furent les moteurs de croissance de la ville de Périgueux, si bien qu’en 1886 la ville compte 30 000 habitants, tandis que Bergerac compte moins de 15 000 habitants.

Avec 482 750 habitants en 1831, le département représente 1,48 % de la population française, qui est alors de 32 569 000 habitants.

Entre 1831 à 1866, la population s’enrichit de 19 923 habitants, soit une augmentation de 0,12 % en moyenne par an, inférieure au taux d’accroissement national de 0,48 % sur cette même période.

1851 est l’année du maximum de population avec 505 789 habitants. Avec 60 habitants au km2, la densité rurale est supérieure à la moyenne nationale. La Dordogne est alors le deuxième département le plus peuplé d’Aquitaine, derrière la Gironde et de ses 614 000 habitants et, devant le département des Basses-Pyrénées (actuelles Pyrénées-Atlantiques) qui ne compte, à l’époque, que 477 000 habitants. En cette année 1851, Périgueux compte un peu moins de 15 000 habitants et Bergerac dépasse de peu celui des 10 000.

À partir de 1876, les zones rurales se dépeuplent et, pendant longtemps, la hausse des populations urbaines n’arrive pas à compenser ce phénomène. C’est en 1880 que le Phylloxéra décime le vignoble, principalement au sud du département ; il passe de 107 000 ha à 21 800 ha, ce qui oblige les viticulteurs à se reconvertir ou à s’exiler, parfois à l’étranger.

Entre la guerre franco-prussienne de 1870 et la Première Guerre mondiale l’évolution démographique est donc négative, la population perd 42 709 habitants, soit une baisse de 8,90 % alors qu’elle progresse de 10 % au niveau national. La population perd encore 2,46 % pour la période de l’entre-deux-guerres de 1921 à 1936, alors qu’au niveau national, la croissance est de 6,9 %. Ces chiffres négatifs s’expliquent par les effets de l’exode rural conjugués aux premiers effets de la révolution industrielle qui attirent de nombreux ouvriers hors du département.

Evolution de la population en Dordogne

C’est ainsi que de 1851 à 1911, on enregistre un mouvement migratoire négatif de 129 700 habitants alors que, dans le temps, le mouvement naturel positif (la différence entre naissances et décès) n’est que de 61 400 habitants, soit une perte démographique de 68 300 habitants en 60 ans.

Sur la période allant de 1911 à 1936, cette tendance s’accélère, avec une nouvelle perte démographique de 50 600 personnes en 25 ans. La brutale mortalité enregistrée lors de la Première Guerre mondiale conjuguée à la poursuite de l’exode rural sont à l’origine d’un mouvement naturel négatif entraînant une perte de 18 300 personnes et d’un mouvement migratoire négatif de 32 300 personnes.

Contrairement aux autres départements français, la Dordogne ne connaît pas d’essor démographique après la Seconde Guerre mondiale. Sa population reste relativement stable. Et pourtant, de 1936 à 1968, le solde naturel redevient positif avec 32 300 naissances de plus que de décès durant la période allant. Mais le solde migratoire négatif de 45 200 personnes, génère une perte supplémentaire de 12 900 habitants.

Au début des années 1970, la Dordogne atteint alors un minimum avec 373 000 habitants, soit un quart de moins par rapport au milieu du siècle précédent. Ce n’est qu’à partir des années 1980 qu’un léger frémissement apparaît, grâce à un mouvement migratoire positif qui s’explique par l’attractivité retrouvée du Périgord.

En 1999, la Dordogne comptait 388 300 habitants. En 2015, on dénombre 429 268 habitants, ce qui place ce département au troisième rang en Aquitaine, loin derrière la Gironde et les Pyrénées-Atlantiques. Si l’on en croit les prévisions et, en supposant que les tendances démographiques récentes se maintiennent, la population atteindrait 464 000 habitants en 2040, soit une croissance en légère accélération.


Sources :


Consultez le sommaire de ce dossier