Défilé parodique anti-nazi à Bergerac

Ces deux photos, insolites, ont été prises par les frères Léon et Robert Bondier, vraisemblablement à l’occasion de la Foire-exposition qui s’est tenue à Bergerac en juin 1939, quelques semaines avant la Mobilisation générale…

Le 30 septembre 1938 au Bourget, à sa sortie de l’avion qui le ramène en France après la signature des accords de Munich. (1), Daladier est acclamé par la foule qui voit en lui un « sauveur de la paix ». D’après Saint-John Perse, poète, écrivain et diplomate français témoin de la scène, il se serait exclamé : « Ah les cons ! S’ils savaient ! » (2)

Les événements qui allaient suivre se chargeraient de révéler les intentions hégémoniques d’Adolph Hitler.

L’armée allemande envahissait la Bohème et la Moravie en mars 1939, puis la Pologne, le 1er septembre 1939, entraînant la déclaration de guerre de la Grande-Bretagne et de la France à l’Allemagne.

Quelques semaines plus tôt, dans les rues de Bergerac, la population assistait à une scène parodique dont le but avoué était de ridiculiser le Führer. De faux soldats allemands posaient aux côtés d’un Hitler de pacotille assis dans un avion de manège, puis défilaient dans les rues devant des Bergeracois hilares.

Michel Lecat


1939-Defile-anti-nazi-Bergerac
Galerie Bondier-Lecat, le fonds photographique de plusieurs reporters photographes de presse

Cet article a été publié dans le numéro 7 du magazine « Secrets de Pays ».

Vous pouvez vous le procurer en consultant la boutique du site…

Notes :

  •  (1) Les accords de Munich furent signés entre l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’Italie représentés respectivement par Adolf Hitler, Édouard Daladier, Neville Chamberlain et Benito Mussolini (qui s’était commis en intermédiaire) à l’issue de la conférence de Munich, tenue du 29 au 30 septembre 1938. Le président tchécoslovaque, Edvard Beneš, et le secrétaire général du parti communiste de l’Union soviétique, Joseph Staline, ne furent pas invités.
    Ces accords avaient pour but de terminer la crise des Sudètes mais, indirectement, ils scellent la mort de la Tchécoslovaquie comme État indépendant, en permettant à Hitler d’annexer les régions peuplées d’Allemands de la Tchécoslovaquie. Les accords de Munich sont considérés comme ayant mis un terme à la première République tchécoslovaque, la « seconde République » ne vivant ensuite que quelques mois avant son démembrement.
    Les Accords de Munich.
  •  (2) Dans ses Mémoires, Daladier dira de façon plus modérée : « Je m’attendais à recevoir des tomates et j’ai reçu des fleurs ».

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