Mystère autour de la disparition du dernier de Joas de Laroque

Le Château de Laroque : © Photo Bernard Burgaud. Deux trous de guetteur sont visibles dans la falaise servant d’assise au château : l’un à environ 5 mètres au-dessus du sol, le second un peu plus haut. Ces deux ouvertures permettaient probablement la surveillance de la vallée du Couzeau.
Le nom de Lanquais est associé au célèbre château surnommé « le Louvre inachevé du Périgord ». Cependant, Lanquais possède un second château, situé au nord du village, sur les bords du Couzeau : le château de Laroque, dont le nom est indissociable des de Joas de Laroque…

Surplombant le Couzeau et construit sur le rocher – d’où son nom – il est de taille plus modeste. Construit au XVIe siècle, il est passé, au cours des siècles, de la famille de Joas de Laroque aux Laffargue puis aux Pradier, avant d’appartenir aux propriétaires actuels.

La Famille de Joas de la Roque, propriétaire du château de Laroque

Blason de la famille Joas de Laroque

Blason de la famille de Joas de Laroque : deux falots d’argent allumés sur un rocher d’or

La famille de Joas est de la clientèle des La Tour de Turenne. En effet, en avril 1563, la dame de Limeuil et de Lanquais passe un acte avec les habitants de ses châtellenies stipulant que François de Joas, écuyer, sieur de la Roque, est député pour proroger l’application des privilèges de ces lieux. Louis XI a déjà confirmé les privilèges de Lanquais, en mai 1472, à la sollicitation de Jean de La Cropte. Alain de Joas de Laroque (peut-être le fils de François) est le capitaine de la garnison du château de Lanquais, comme l’atteste un registre de paye des soldats, en 1598. Alain de Joas lui-même, pendant les moments de liberté que lui laisse sa garnison, s’occupe des affaires des seigneurs de Lanquais.

En 1793, le nom d’Isaac Pierre de Joas de Laroque apparaît sur les registres d’état civil. Il réside au château de Laroque et remplit les fonctions d’officier municipal. C’est la dernière trace de cette famille figurant dans les archives de la commune. Après recherches, on retrouve la mention de ses descendants sur la commune d’Issigeac, où le nom des de Joas de Laroque va disparaître, en 1893, faute d’héritier de sexe masculin.

Le château de Laroque, vue côté Couzeau, au début du XXe siècle avant sa restauration

Le château de Laroque, vue côté Couzeau, au début du XXe siècle avant sa restauration

Entrée du château de Laroque : côté Ouest

Entrée du château de Laroque : côté Ouest

Château de Laroque (carte postale)

Château de Laroque (carte postale)

Le mystère entourant le dernier des de Joas de Laroque

Le nom de famille de Joas de Laroque s’éteint en 1897, avec son dernier descendant mâle : Alain Guy de Joas de Laroque. Ce dernier n’a qu’une fille et son frère aîné reste célibataire.

Un fait demeure troublant : à la date du 5 mai 1830, Alain Jean Guy, le jeune de Joas de Laroque, est inscrit « décédé » sur les registres. Il est âgé de seize ans. Or, ce même personnage apparaît plus tard en qualité de docteur en médecine. En 1861, il se marie avec Marie Delpit, à Beaumont du Périgord. Le prénom et les dates de naissance sont identiques… et il n’a jamais été question de jumeaux.

Hypothèse : il est possible que dans les années troubles de 1830, Alain Jean Guy de Joas de Laroque ait été déclaré mort par sa famille qui l’aurait caché pour le soustraire à un enrôlement dans l’armée. Effectivement, quelques jours plus tard, un corps expéditionnaire part pour l’Algérie.

Quoi qu’il en soit, à ce jour, le mystère demeure…

Bernard Burgaud

Cet article a été publié dans le numéro 2 du magazine « Secrets de Pays ».

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1 Commentaire

  • Barois dit :

    Bonjour,
    Arrière-arrière-petit-fils du dernier des Joas de Laroque, je me rappelle que ma grand-mère (décédée en 1999) évoquait souvent son grand-père et son grand-oncle décédés quelques années avant sa naissance. C’était, semble-t-il, deux originaux. L’un était médecin, l’autre… elle me l’a dit mais hélas je ne m’en rappelle plus. Ils portaient les mêmes prénoms doubles (inversés ?) et étaient différenciés par leurs surnoms Joas et « Joachin » (sans doute plutôt Joachim). L’un d’eux s’est marié (remarié ?) à près (ou plus) de 80 ans avec une jeune femme de 20 ans sa cadette… qui décéda avant lui. Je ne l’ai jamais entendu évoquer une mystification ou un artifice administratif pour échapper à un enrôlement. Il n’était pas dans sa nature de raconter des fables familiales et elle avait une très bonne mémoire. Je n’ai jamais entendu les membres les plus âgés de ma famille que j’ai pu connaître évoquer un mystère familial concernant notre ancêtre. Pour ce qui est de la conscription par tirage au sort qui se pratiquait au XIXe siècle il me semble qu’elle ne concernait pas les adolescents de 16 ans. Mon arrière-arrière-grand-père et sa famille habitaient au 39 de la rue de Cardenal à Issigeac. L’un d’eux a habité pendant un temps la maison d’en face (n° 44). Cordialement, P.

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