Prendre le temps d’Eymet !

Les maisons sur arcades de la place, © Gérard Lallemant

On doit cette expression à l’un des groupes d’étudiants en communication venus séjourner à Eymet il y a une dizaine d’années, à l’invitation de la Mairie. L’objectif de ce ‘concours’ était de poser un diagnostic sur l’attractivité et les faiblesses de la bastide, et de faire des propositions en terme de développement… Parmi les multiples idées émises, un groupe pointa que le mot ‘Eymet’ pouvait facilement être accommodé à toutes les sauces, tandis qu’un autre proposait ce slogan : ‘Prenez le temps d’Eymet !

À la limite sud du département de la Dordogne, à quelques centaines de mètres du Lot-et-Garonne par la D 933 Bergerac-Marmande, Eymet occupe une position stratégique qui, de tout temps, se concrétisa par une forte activité commerciale, artisanale et sociale. En outre, de la bastide fondée au XIIIe siècle subsistent nombre d’éléments patrimoniaux de qualité.

Autant de bonnes raisons pour que, de ce slogan, la municipalité ait fait sa signature, et qu’elle s’attache à décliner le nom de la cité afin de souligner son dynamisme et son attractivité : ‘Eymet la culture’, ‘Eymet le sport’ ou bien encore ‘Eymet le Tour’, que l’on gardera pour la fin !

Signature « Prenez le temps d’Eymet »

Dynamisme, attractivité, spécificités

Équipements scolaires, de santé ou sociaux, offre commerciale et artisanale diversifiée… Eymet joue pleinement son rôle de chef-lieu de canton et le fait d’être « bastide », et donc ville d’histoire, ajoute encore à son attractivité.

Pour asseoir sa notoriété, la cité peut également compter sur ses spécificités : de toutes les bastides de la vallée du Dropt, elle est la seule à être installée au bord même de la rivière. Et, parmi toutes les « villes neuves médiévales » du Sud-Ouest, elle est l’une des très rares à posséder un château fort, dont le superbe donjon du XIIIe est la pièce maîtresse.

Eymet fut aussi un centre important de la conserverie artisanale de qualité : ne dit-on pas que le concept de « vente par correspondance » fut inventé par un conserveur eymétois à la fin du XIXe ? Cette activité, florissante jusque dans les années 80-90, constitue encore de nos jours un atout économique pour Eymet.

Culture et sport

Sous ces deux têtes de chapitre, on retrouve la plupart des associations qui font vivre la bastide et la dynamisent.

Côté culture, la ville d’Eymet s’est dotée, il y a peu, d’un lieu confortable et polyvalent capable de recevoir tous les spectacles : théâtre, concert, conférence, danse, cirque ou cinéma. On doit la programmation artistique à la commission culture de la Mairie, à des associations locales ou, pour ce qui concerne le cinéma, à un prestataire. Délivrant une offre de qualité, cet Espace Culturel a vite pris sa place, devenant du même coup un outil de rayonnement vers l’extérieur pour Eymet.

Le sport à Eymet, c’est le rugby ! Mais pas seulement. S’il est vrai que, depuis plus d’un siècle, l’AS-Eymet occupe une place à part, bien d’autres activités sportives et de loisirs peuvent être pratiquées ici : judo, cyclisme, danse, football, gymnastique, natation… Et cricket ! Eymet est en effet l’une des rares cités du Sud-Ouest à compter dans ses rangs un club de cricket, qui reçoit sur son stade, chaque été, de nombreuses compétitions. Reste juste à tenter de comprendre les règles de ce jeu, so british et tellement étrange à nos yeux.

Eymet prend son Tour !

Il y a deux ans (2017), Le Tour de France était passé par ici, sous une pluie diluvienne. Cette fois, le 12 juillet, Eymet sera « ville départ » de la 11e étape, celle qui mènera les coureurs jusqu’à Pau. La bastide s’apprête donc à recevoir des centaines de véhicules et des milliers de personnes : organisateurs, équipes sportives et forces de sécurité, sans oublier les 10 à 15 000 « accros » qui ne rateraient pour rien au monde un tel événement !

Eymet ne recense « que » 2 800 habitants et, reconnaissons-le, peu de cités aussi modestes accèdent à ce rang de ville départ… Certes, cela ne va pas sans contraintes, mais celles-ci seront largement contrebalancées par les retombées attendues, économiques bien sûr, avec cet afflux de visiteurs, et médiatiques : le Tour de France n’est-il pas le troisième événement sportif le plus suivi à travers la planète ! Naturellement, Eymet et son territoire y trouveront leur compte en terme de notoriété. Le 12 juillet prochain, la bastide d’Eymet prendra son Tour !

Texte : Gérard Lallemant –
Photos aériennes © Jean-Jacques Saubi – Autres photos : Gérard Lallemant, Claire Bor, Pierre Bacogne, Philippe Euillet.

« Ben elle est où la bastide ? »

Combien de fois n’avons-nous pas surpris des visiteurs se posant cette question alors qu’ils se trouvaient au beau milieu de la place centrale de la bastide ! Cette interrogation, souvent entendue ici et ailleurs, montre qu’un gros travail de sensibilisation reste à mener pour que les touristes ne confondent plus nos « villes neuves du Moyen Âge » avec les bastides du Sud-Est de la France qui, elles, désignent des maisons et chais fortifiés.

Les Britanniques, qui n’ont pas de bastide sur leur sol, traduisent le mot par fortified town. Funeste erreur, trop souvent reprise chez nous ! Hé bien non, les bastides ne sont pas des villes fortifiées… Enfin, pas toutes. Certaines, comme Miramont-de-Guyenne, n’ont jamais reçu de murailles, tandis que d’autres étaient ceinturées de remparts bien après leur fondation. Ce fut le cas d’Eymet, instituée par Alphonse de Poitiers le 28 juin 1270, qui vit ses fortifications sortir de terre un demi-siècle plus tard, vers 1320.

Une vingtaine de départements du grand Sud-Ouest sont concernés par cet épisode étonnant de notre histoire, et 3 à 500 bastides y auraient été construites – sachant que nul chiffre précis ne peut être avancé. Mais, après tout, il importe peu que ce phénomène soit tout sauf une science exacte ! Car l’essentiel est bien que cette formidable aventure, qui touche à l’urbanisme et à l’architecture autant qu’à la politique, à la justice ou à la vie quotidienne, nous ait laissé un héritage passionnant. Eymet en témoigne.



À lire également sur notre site, notre dossir Les Bastides du Périgord


Cet article a été publié dans le numéro 10 du magazine « Secrets de Pays ».

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