Les cygnes du bassin de Lalinde, un secret bien gardé…

Une famille de cygnes et ses )petits à Lalinde
Un couple de cygnes et leurs cygneaux dans le bassin de Lalinde. © Photo Pierre Boitrel.

Qui donc ne s’est jamais interrogé sur la présence de ces majestueux et élégants oiseaux ? Toujours à l’affût de « secrets de pays », à la fois ignorés et pourtant précieux, nous avons mené l’enquête…

Réponse fut donnée par deux Lindois de souche : Christiane Mouneydière et Jean-Bernard Fournier. Christiane raconte : « Nous nous sommes mariés le 4 août 1973, et c’est Monsieur Marcel Ventenat, alors maire de Lalinde, qui a procédé à la célébration.

L’usage veut qu’à l’issue de cette cérémonie civile une collecte soit effectuée auprès de l’assistance et remise à une œuvre sociale du village. Le jeune couple émit alors une idée pour le moins originale : « Nous avons choisi d’amener un peu de vie sur le bassin du canal tout proche… Le produit de la collecte serait destiné à l’acquisition d’un couple de cygnes blancs ! »

La proposition rencontrant un accueil favorable, « Monsieur Laparre Jean, surnommé Bertou, alors premier adjoint au maire, se rendit en Limousin afin de les acheter. Monsieur Gerbout, cantonnier, les lâcha au mois d’octobre de cette même année, en ma présence.»

Depuis, quarante années se sont écoulée… Désormais décor vivant du lieu, leurs descendants vivent à l’heure de leur village d’adoption. À la fois emblème du poète et symbole de lumière, souvent associés à la grâce et à la beauté, ils offrent aux regards des promeneurs calme et sérénité.

Pour la petite histoire, on dit qu’ils symbolisent l’amour éternel… Peut-être que dans le cœur de quelques Lindois, aujourd’hui encore, les cygnes du bassin restent-ils l’emblème de l’union de Christiane et Jean-Bernard ?

Textes : Françoise Cheyrou.
Photos : © Pierre Boitrel (la famille de cygne) et © Françoise Cheyrou (le couple de cygne).

© Photo Pierre Boitrel. Une couple de cygnes à Lalinde.

Une couple de cygnes à Lalinde. © Photo Françoise Cheyrou


Visiblement, le Journal Sud-Ouest ne connaît pas la véritable origine des cygnes du bassin de Lalinde, comme en témoigne l’article suivant, publié par Antoine Beneytou. (1)

Une étonnante colonie de cygnes sur la Dordogne

Environ 150 cygnes peuplent en ce moment les îlots de Pontours, entre les communes de Lalinde et Mauzac, au sud du département. Si vous vous rendez sur le pont de Lalinde (24) ou sur le bord de la Dordogne, impossible de les manquer. Des cygnes. Toute une foule. Selon Jean-Claude Bonnet de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) de la Dordogne, qui va les observer régulièrement avec ses jumelles, ils sont environ 150 à peupler la zone qui va de Lalinde au barrage de Mauzac. Leur présence en masse se remarque tout particulièrement aux îlots de Pontours.

Mais comment expliquer que cette portion de la Dordogne soit un lieu de rendez-vous aussi prisé pour ces cygnes tuberculés ? Chacun y va de sa petite explication. Les plus superstitieux, qui croient aux signes, se souviendront de la légende du Coulobre. Jadis, les Lindois pensaient que ce monstre fantastique, de l’apparence d’un dragon, vivait dans une caverne du côté de Couze et enlevait des marins et des habitants le long de la Dordogne. Et si ces nombreux cygnes avaient été envoyés par l’esprit du monstre pour se rappeler au souvenir des Lindois ?

Des spécialistes avancent des explications plus rationnelles. Parmi eux, Jean-Claude Bonnet, pour qui ces attroupements de cygnes sur les îlots de Pontours s’observent depuis environ vingt ans. « C’est un endroit où ils se rassemblent pour faire leur nid. Le lieu est idéal, car il leur permet de se reposer à une période où ils font leur mue et perdent leur vieux plumage », indique-t-il. Tellement idéal qu’il serait, toujours selon Jean-Claude Bonnet, le site où l’on observerait la plus grande concentration des ces oiseaux à l’intérieur des terres aquitaines. « Sinon, il faut aller sur le Bassin d’Arcachon », ajoute le spécialiste.

Pascal Rivera, du club ornithologique de Bergerac a une autre idée sur la question : « S’ils viennent là, c’est qu’ils trouvent à manger », affirme-t-il. Une hypothèse que corrobore Jean-Claude Bonnet : « C’est possible. Car comme l’eau est basse, ils peuvent arracher des herbes. »

Les cygnes tuberculés se nourrissent avant tout de matières végétales. En Dordogne, il existe un endroit similaire avec des îlots au milieu de la rivière, du côté de Beynac. « Mais il y en a quand même beaucoup moins, environ une trentaine », note Jean Claude Bonnet.

Un couple de cygnes et leurs cygeaux sur le bassin de Lalinde

Une famille de cygnes. © Photo Pierre Boitrel.


Cet article a été publié dans le numéro 8 du magazine « Secrets de Pays ».

Vous pouvez vous le procurer en consultant la boutique du site…

Notes :

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