Jean Tarde, un savant humaniste de renom

Le manoir de l'humaniste Jean Tarde à La Roque-Gageac

On sait, généralement, que Jean Tarde a rédigé les annales historiques du Sarladais, mais on ignore souvent l’humaniste polyvalent qu’il fut : philosophe, mathématicien, linguiste, archéologue, mais aussi cartographe (il est l’auteur des premières cartes de la région), et surtout astronome (il se lie d’amitié avec Galilée qui lui offre une des premières lunettes astronomiques). Chanoine théologal et vicaire général du diocèse de Sarlat, ce génie universel met sa science au service de l’homme et de la vérité. Il compte parmi les grandes figures périgourdines, un modèle d’humaniste éclairé.

Jean Tarde naquit à La Roque-Gageac, en 1561 ou 1562. On ne connaît pas la date exacte de sa naissance, mais on peut la déduire d’une remarque faite dans ses Chroniques : il déclara être « jeune enfant de six à sept ans » lorsqu’il vit l’armée protestante, venant du Quercy, traverser le Sarladais en 1568, sous la conduite du seigneur d’Assier. Il appartient à une famille bourgeoise de Sarlat dont les premiers membres sont cités dès le XIVe siècle. La famille se partageait entre deux branches, les sieurs du Pont, et les sieurs de Lisle. Jean Tarde appartenait à la première branche. Il avait un frère et une sœur, Étienne et Jeanne. (1)

« …il ne nous reste aucun détail sur son enfance et sa jeunesse. Tout ce qu’on peut dire avec assurance, c’est que l’impression la plus forte et la plus indestructible qu’il ait reçue en grandissant, a dû être celle des luttes religieuses, qu’il nous retrace année par année avec des détails si poignants. Il est né au moment où le premier prêche protestant venait de se faire entendre à Sarlat même ; s’il n’avait que six à sept ans quand passa à la Roque l’armée du seigneur d’Assier, « tuant les prestres et brûlant les églises », il en avait dix ou onze quand les calvinistes de Dôme, dans son voisinage, donnèrent aux populations catholiques le scandale de leurs inhumations, jugées indécentes, qui paraissent avoir fait grand bruit dans la contrée. Il en avait douze ou treize quand Vivant prit Sarlat en 1574, y fit tuer trois chanoines et plusieurs habitants, piller les églises et jeter aux vents les reliques de saint Sacerdos. Chaque mois, chaque jour, pour mieux dire, apportait la nouvelle de quelque malheur, de quelque atrocité de plus, unique aliment des conversations. Pour faire contrepoids à toutes ces douleurs de son âme catholique, Tarde, âgé de vingt-cinq ou vingt-six ans, en 1587, eut la joie et l’orgueil de voir le vicomte de Turenne forcé de lever le siège de Sarlat. Faible rayon de soleil au milieu d’une telle tourmente ! » (1)

On ignore où il a fait ses études et où il a obtenu son diplôme de docteur en droit civil et en droit canon.

Jean Tarde, archéologue et numismate

Sa passion pour l’archéologie l’amena à beaucoup voyager, surtout dans le sud-est de la France où il visita les principaux monuments gallo-romains : il était à Béziers et à Marseille en 1591, il a habité Nîmes et Uzès en 1592, 1593, 1594, ce qui ne l’a pas empêché, en 1593, de voir Orange à loisir, et de résider à Avignon, où il demande et obtient la faveur de faire des recherches dans les archives pontificales, et d’où il est parti la même année pour se rendre à Rome, et où il revient à la fin de son itinéraire. Lors de son premier voyage à Rome, en 1593, il passe son temps, avec le grand antiquaire Fulvio Ursino. Cette apparente instabilité témoigne en fait d’une extrême curiosité, une insatiable soif de tout savoir et de tout voir, qui persistera jusqu’à sa vieillesse. (1)

Il s’occupait également de numismatique et possédait une très belle collection de monnaies grecques et romaines. On trouve les détails de cette collection dans un catalogue, Series nummorum antiquorum.

Jean Tarde, historien

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C’est probablement en 1594, à l’âge de 32 ou 33 ans, que Jean Tarde débuta la rédaction de ses annales historiques du Sarladais. Connu aujourd’hui sous le nom de Chroniques de Jean Tarde, le manuscrit original porte le titre de Table chronologique de l’Esglize de Sarlat, diocèse et pays Sarladais, monstrant le nom, ordre et suitte des prélatz qui y ont présidé, soubz quelle religion et forme d’estat on y a vescu, qui et quels ont esté les princes et seigneurs qui y ont commandé, avec la fondation des villes, sièges, prinses et reprinses d’icelles et autres divers accidents que le pays a soufert jusques à présent. Plutôt que des chroniques, il s’agit d’un travail d’historien et d’érudit fouillant les bibliothèques, déchiffrant les manuscrits, soucieux de préciser des faits et des dates. Là encore, il était en avance avec son temps, puisque ce n’est que dans la seconde partie du XVIe siècle que la curiosité historique commença, timidement, à s’éveiller en France. Son œuvre apporte un éclairage irremplaçable sur la période de la guerre de Cent Ans dans les vallées de la Vézère et de la Dordogne. Il déclare en parlant des églises qu’il visitait : « Elles étaient ou rasées jusqu’au fondement ou à demi ruinées ou sans autels ni portes, et remplies de ronces et de buissons. »

On lui doit de nombreuses autres publications, dont un Abrégé de l’histoire des évêques de Cahors, une Chronique latine depuis le commencement de l’ère latine jusques en 1556, et une Chronologia ad intelligendas scripturas avec quelques mémoires sur les hommes illustres.

Après 1614, Jean Tarde négligea ses Chroniques, bien qu’il poursuivra ses recherches jusqu’en 1624. Un inconnu désigné sous le nom de Continuateur de Tarde acheva son travail. Gabriel Tarde, son arrière petit-neveu, retrouva l’une des copies manuscrites des Chroniques dans la bibliothèque du Lycée de Toulouse, sur les indications de J.-B. Lascoux, conseiller à la Cour de cassation et historien du Sarladais. Finalement, elles furent publiées en 1887.

Mais pourquoi, après 1614, Jean Tarde a-t-il montré moins d’intérêt pour ses Chroniques ? Cette année-là, il entreprit son second voyage en Italie. Il y fit une rencontre qui changea sa vie… Désormais, seule allait compter la science et plus particulièrement l’astronomie, comme nous allons bientôt le voir !

Jean Tarde, cartographe

Grâce à Jean Tarde, la connaissance géographique du Périgord s’est enrichi de plusieurs œuvres fondamentales. En 1594, Louis de Salignac, évêque de Sarlat, le charge de visiter son diocèse pour constater l’étendue et la gravité des ravages occasionnés par les guerres de religion et y remédier dans toute la mesure du possible. En moins d’un an, de village en village, depuis Terrasson jusqu’à Bergerac, il dresse un canevas de points en recoupant en triangles les angles indiqués par la boussole. Orientée sud/nord, ce qui peut nous paraître déroutant, cette carte dresse un portrait miniature pour chaque ville (pour la première fois sont représentées les vingt-et-une villes closes du diocèse avec pour cités majeures Sarlat et Bergerac), notamment les bastides, comme Domme, Monpazier ou Molières. Les méandres de la Dordogne ou de la Vézère sont bien dessinés et les ponts sont même visibles à Terrasson, Montignac, Limeuil ou Bergerac. Constructions scientifiques et religieuses, mais aussi hydrographiques, les cartes de Tarde ignorent pourtant les paysages et les forêts, de même que toutes les forteresses médiévales pourtant si nombreuses. Le grand cartouche placé à côté de la dédicace à l’évêque mentionne les limites du diocèse, énumère les archiprêtrés et toutes sortes d’édifices ecclésiastiques importants, pour répondre au souhait de son commanditaire. (3)

En 1619, Jean Tarde travaille sur une seconde carte du diocèse de Sarlat (publiée en 1621), agrémentée cette fois d’un plan de la ville de Sarlat. Cette carte, plus raffinée que la première, témoigne d’un savoir-faire cartographique nouvellement acquis de son second voyage effectué à Rome, en 1614, avec son évêque Louis de Salignac. Il visitera en particulier la galerie des cartes du Vatican.

Il mettra également au point ses propres méthodes, novatrices, qu’il explicitera en 1621, dans un ouvrage intitulé Les usages du quadrant à l’esguille aymantée divisée en deux livres. Il y explique les services que peut rendre la boussole comme montre solaire, comme outil du géographe ou de l’ingénieur. Le titre de la seconde édition précise : « Pour la practique de l’astrologie, géographie, art militaire, arpenterie, architecture, agriculture, navigation, voyages par terres et autres. Et mesmes pour mesurer toutes distances en longueur et largeur, prendre le plan de toutes places de près et de loing, faire cartes et descriptions des villes et provinces, et plusieurs autres choses très belles et très utiles à toutes conditions de personnes. » Le premier livre de cet ouvrage contient 14 chapitres, le deuxième 80 problèmes. L’auteur expose ses différentes méthodes cartographiques, basées sur l’utilisation de la boussole. Il utilise des exemples se rapportant à des lieux bien précis du diocèse de Sarlat. L’auteur présente également les instruments qu’il a fabriqués et utilisés et la manière dont il s’en sert pour tracer ses cartes. Il décrit minutieusement la boussole, de grandes dimensions, qu’il a utilisée et mise au point. Il évoque aussi une tablette pliante à trois pieds, sur laquelle il a fixé la boussole, présentant un cercle gradué en 360 degrés ainsi que des lignes formant les points cardinaux.

Si Jean Tarde n’est pas le premier à décrire son travail en cartographie (Nicolo Tartiaglia l’avait déjà fait, à Venise, en 1560), son ouvrage est le premier à rencontrer un franc succès, tant et si bien qu’il y aura trois éditions (1621, 1623 et 1627). Jean Tarde n’est pas non plus le premier à publier des cartes provinciales ou diocésaines (les siennes ont été précédées, entre autres, par celle du Maine, du Bourbonnais, du Berry et, la même année, par celle du Limousin). Pourtant, ses cartes ont fait référence chez les éditeurs qui les ont utilisées ou copiées pendant presque un siècle. Parmi son travail cartographique citons la carte du diocèse de Sarlat (1594 et 1624), celle du diocèse de Cahors (1626), la Potamographie de Garone et des fleuves qui se rendent dedans (1628) et Description du pais de Quercy (1632). Ajoutons une Description géologique du pays d’entre deux mers, une carte décrivant la région girondine comprise entre Dordogne et Garonne.

Jean Tarde, astronome

Il a suivi les cours de l’université de Cahors, puis de la Sorbonne. Très tôt, il occupe ses loisirs à des recherches scientifiques, dont la géographie, les mathématiques, l’astronomie, la physique. Il était également très versé dans les sciences mathématiques. En 1599, il rédigea, entre autres travaux restés manuscrits, un traité sur les Secrets de la table de Pythagore, dont il montre toutes les utilisations théoriques et pratiques.

Passionné d’astronomie, Jean Tarde découvrit le Sidereus Nuntius, ouvrage publié, en 1611, par Galilée. En 1614, lors de son second voyage en Italie, Jean Tarde se rendit à Florence et fit trois visites consécutives à « l’illustrissime seigneur Galileo Galilei ». Gabriel Tarde relata cette mémorable et décisive rencontre :

« Ce livre a été la révélation de nouveaux continents célestes, pour ainsi dire, et a fait de Galilée, aux yeux de ses contemporains, une sorte de Christophe Colomb astronomique. En passant à Florence, Tarde alla lui rendre visite et apprit de sa bouche, suivant le précieux récit qu’il nous a laissé, les merveilles que le télescope venait de lui révéler : les satellites de Jupiter baptisés par lui “Astres de Médicis”, les phases de Vénus qui ajoutaient une seconde lune au ciel, les taches du soleil ! Par cette pullulation d’astres ou de phénomènes imprévus, les dimensions du firmament semblaient s’accroître et ouvrir à l’esprit chercheur des perspectives infinies, comme l’apparition d’îles multiples et de mondes vierges, aux yeux des navigateurs du siècle précédent, avait paru agrandir la terre. Il y avait là assurément de quoi provoquer une hallucination spéciale, qu’on pourrait appeler stellaire, dont Tarde allait être frappé pour des années, et à laquelle son grand interlocuteur lui-même n’a pu se soustraire entièrement. Parmi ces astres, en effet, dont celui-ci se vantait d’avoir enrichi le ciel, plusieurs étaient imaginaires aussi, non moins que les Borbonia Sidéra de bientôt. Il disait avoir vu “deux petites estoiles contigues à Saturne, qui ne l’abandonnoient jamais et ne s’éloignoient pas de luy plus que une mi­nute, tellement que ce planette sembloit composé de trois estoiles con­jointes ensemble.” Il est bien démontré que c’était là une pure illusion d’optique, presque inévitable, il est vrai, et produite par l’anneau de Saturne découvert ultérieurement. Si un tel homme s’est trompé de la sorte, quelle erreur du même genre, chez les savants du même temps, n’est excusable ? Hâtons-nous d’ajouter que, dans cette conversation avec le chanoine sarladais, éclate la pénétration de Galilée, ainsi que sa noble hospitalité d’esprit.

Il est malade et ne peut conduire son hôte à sa maison de campagne où son télescope est installé, mais il promet de lui envoyer à Rome quelques-uns de ses meilleurs verres et lui remet son opuscule sur les taches solaires. Il répond à toutes ses questions, et, à sa seconde visite, le 14 novembre, en présence de l’évêque de Sarlat cette fois, il déclare croire fermement que “la terre se meut et fait le tour entier en 24 heures et que au ciel n’y a aultre mouvement que le mouvement propre et nul mouvement de rapidité (c’est-à-dire de rotation de toute la voûte céleste autour de la terre)”. Cette conviction devint dès ce jour celle de Tarde, qui ne l’abandonna jamais. » (1)

Galilée lui offrit une des premières lunettes astronomiques. À son retour en France, en 1615, il fit aménager un petit observatoire à La Roque-Gajac où il s’est intéressé aux taches solaires qu’il a assimilées, à tort, a de petites planètes. Dans son traité dédicacé à Louis XIII qu’il publia en 1620, Borbonia Sidera, il leur a donné le nom de planètes Bourboniennes. (3)

À signaler un petit opuscule sur les maladies et l’hygiène de la mémoire, De memoria, qui en dit long sur l’universelle curiosité du chanoine sarladais. Les défaillances de la mémoire y sont traitées comme des maladies corporelles et principalement cérébrales, un point de vue tout à fait novateur pour l’époque. Nombre d’autres travaux n’ont pas été publiés, notamment les Notions élémentaires de cosmographie et de géographie, le Catalogue des Comètes, tremblements de terre, prodiges au ciel et sur terre, le Catalogue des monnaies antiques, pour ne citer que ceux-là. (2)

Jean Tarde, homme d’église

Jean Tarde fut tout d’abord curé de Saint-Cernin-de-l’Herm, chanoine de l’église collégiale de Monpazier et vicaire général. Il fait imprimer, en 1592, un opuscule sur les différentes appellations du Christ (il en liste 57 qu’il considère comme autant de liens entre Dieu et les hommes), Nomina Christi substantiva. En 1594, l’évêque de Sarlat, Louis de Salignac, le charge de visiter le diocèse « désireux de sçavoir l’estât de son troupeau après une si longue continuation de troubles et apprendre en quelles églizes le service estoit faict et quelles estoient abandonnées, m’envoya faire la visite de son diocèze avec un promoteur pour requérir et un greffier pour retenir procès-verbal et avoir par ce moyen une sommaire apprise de son diocèze. Ce sage prélat voyant que toute la province vivoit soubz le calme et abri de la trêve, se vouloit servir du temps pour retirer le débris de la religion et réparer les bresches causées par les malheurs passés. » Il s’acquitta si bien de sa mission qu’il fut nommé, en 1599, aumônier ordinaire de Henri IV, peut-être sur la recommandation de Louis de Salignac. Il eut ainsi l’occasion d’introduire l’astronomie moderne à la cour. (1)

En 1600, il rédigea des recueils de sermons De quatuor hominum novissimis, De eleemosyna, et divers traités théologiques, d’ailleurs peu importants. En 1629, Jean Tarde devient « conseiller du roi en l’élection de Sarlat », charge héréditaire que les Tarde conservent jusqu’à la Révolution, plus précisément jusqu’en 1792.

Conclusion

Jean Tarde a vécu dans son village natal, La Roque-Gageac, jusqu’à sa mort en 1636. Malgré sa célébrité, cet humaniste à la culture universelle a toujours préféré vivre dans son paisible village plutôt que dans les riches salons parisiens. La plupart de ses œuvres tombèrent dans l’oubli. Mais sa science avait tellement frappé ses contemporains que, jadis, lorsqu’on parlait à Sarlat d’un homme exceptionnellement cultivé, on disait : « Tardus aut diabolus », c’est Tarde ou le diable !

Aujourd’hui, le manoir de Tarde, fondé par ses descendants, évoque le souvenir de cet illustre humaniste.

Jean-François Tronel


Notes :

  •  (1) Les Chroniques de Jean Tarde, par Gabriel Tarde, 1888, Introduction.
  •  (2) Choses et Gens du Périgord, Jean Maubourguet, Librairie Floury, 1941.
  •  (3) Le Périgord et les cartes, histoire de la cartographie en Périgord et le Périgord à travers les cartes et descriptions géographiques, par Rémy Durrens, Université de Limoges, mars 2013.
  •  (4) Un prototype de lunette aurait été mis au point dans les années 1550. L’opticien hollandais Hans Lippershey, fut le premier à faire une démonstration concrète d’une lunette d’approche de grossissement trois, à la fin du mois de septembre 1608. Le 2 octobre de la même année, il introduisit une demande de brevet que la commission rejetta au vue des revendications de Jacob Metius et de Zacharias Janssen qui en revendiquaient chacun la paternité. Si Galilée n’est pas l’inventeur de la lunette astronomique, c’est lui qui, à partir d’août 1609 l’utilisa comme instrument d’observation astronomique. Il construisait ses propres lunettes et leur donna d’abord un grossissement de six au lieu de trois, pour le porter progressivement à 20 puis à 30.

Crédit Photos :

  • Le Manoir de Tarde (XVe siècle) contre la falaise à La Roque-Gageac, Dordogne, By Jebulon (Own work), via Wikimedia Commons.

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